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LA CUVETTE EN BREF

Localisation : dans le nord-est du Congo, à cheval sur l’équateur, 9/10 du territoire situé dans l’hémisphère sud.Limites administratives : la Sangha et la Likouala au nord, la RD Congo à l’est, la Cuvette Ouest à l’ouest, les Plateaux au sud.
Superficie : 40 000 km2 soit 12% de la superficie du pays
Population : 179 451 habitants (estimation 2013)
Chef-lieu : Owando
Districts : Owando, Boundji, Loukoléla, Makoua, Mossaka, Ngoko, Ntokou, Oyo, Tchicapika.

AU CENTRE DU CONGO

Situé de part et d’autre de l’équateur, au cœur de la grande dépression d’Afrique centrale appelée la Cuvette congolaise qui s’étale dans la RD Congo voisine, le département de la Sangha est en grande partie inondé et marécageux. Il forme une sorte de frontière naturelle entre la grande forêt équatoriale au nord et les savanes des Plateaux Batéké au sud.

Son relief est très faible. L »altitude décroît doucement d’ouest en est, de 350 mètres à 280 mètres vers le fleuve Congo. L »écoulement des eaux y est difficile par suite de l »absence de pente. Des zones marécageuses, plus ou moins vastes, forment des marais gorgés d »eau même en saison sèche.

Son climat, de type subéquatorial, est caractérisé par de fortes précipitations (1600 à 1800 mm par an), une saison sèche réduite à trois mois, de juin à août, et de faibles amplitudes thermiques (moins de 2°C). Deux types de végétations dominent : les prairies marécageuses, qui prédominent dans l’est du département, et les forêts, inondables ou non.

LE PAYS DES RIVIÈRES

Le réseau hydrographique de la Cuvette est l’un des plus denses du Congo. Un large éventail de rivières (la Likouala-aux-herbes, la Sangha, la Likouala-Mossaka et l’Alima), s’écoulant d’ouest en est ou du nord au sud-ouest, se jettent dans le fleuve Congo à hauteur de Mossaka, sur moins de 100 km de distance, par une série de deltas entremêlés, formant des dizaines de bras entrelacés. Cette particularité a valu à Mossaka le surnom de « pays des rivières ».

LES GENS D’EAU

Le département de la Cuvette abrite principalement des Ngalas composés de deux grandes familles : les Ngala Terriens et les Bana Mayi (gens d’eau). Installés dans les zones de savane et de forêt exondées, les Ngalas Terriens forment quatre sous-groupes, dont les langues sont très proches : les Mbochis (Mbosi), les plus nombreux, les Kouyous, les Akwas et les Ngarés.

Les Ngala « Bana Mayi », qui vivent dans la zone marécageuse, le long du fleuve Congo et à l’embouchure de ses affluents, comprennent les Likoubas (riverains du fleuve Congo autour de Mossaka), les Likoualas (embouchure de la Likouala-Mossaka) et les Moyes (embouchure des rivières Alima et Nkéni).

L’ensemble de ces communautés a forgé, au cours des siècles, le lingala, la langue des piroguiers, née des échanges commerciaux sur le fleuve et ses affluents.

La Cuvette abrite également des Congolais originaires d’autres départements. Divers étrangers, dont des Ouest-Africains, des Libanais et des ressortissants d’Afrique centrale (RD Congo, Rwandais) sont installés dans le département depuis longtemps. Plus récemment, des Chinois, des Maghrébins et des Brésiliens s’y sont implantés.

AGRO-INDUSTRIE, PÊCHE ET ÉLEVAGE

Les conditions climatiques, les sols et les cours d’eau font du département une région agricole, où les cultures de rente (palmier à huile, hévéa, cacao) tiennent une place importante dans les districts d’Owando, de Boundji, de Makoua et de Ngoko. Loukoléla, au bord du fleuve Congo, dispose d’un vaste territoire à l’abri des inondations, favorable aux cultures. L’élevage bovin est très présent dans les districts d’Oyo et de Boundji. La pêche domine dans la partie inondée (Mossaka) du département.

L’industrie du bois est limitée à une unité de transformation dans le district de Makoua. Edou et Makoua abritent quelques unités industrielles (eau minérale, fabrication de panneaux solaires et de farine de manioc, matériaux de construction). Le tissu industriel départemental devrait s’étoffer avec la création de la Zone Économique Spéciale (ZES) d’Oyo/Ollombo. La recherche pétrolière se développe dans le district de Loukoléla.

TRANSPORT ET SERVICES

Dans sa partie ouest, le département de la Cuvette est traversé par la RN 2 bitumée, qui va de Brazzaville à Ouesso. Des connexions routières transversales le relient à la Cuvette Ouest et au Gabon, via Obouya et Makoua. La partie est n’est accessible que par la voie fluviale. D’où l’accent mis sur la modernisation des ports (Oyo, Mossaka, Makoua, Owando).

Le département compte un aéroport de classe B à Owando et trois aérodromes (Loukoléla, Makoua, Boundji). Il bénéficie de la proximité de l’aéroport international d’Ollombo (Plateaux) situé à 16 km d’Oyo, qui assure des liaisons avec Brazzaville.

La mise en service, en 2011, du barrage hydroélectrique d’Imboulou, situé dans le département du Pool et la construction de postes de transformation ont permis d’acheminer l’électricité vers les principales villes et une partie des villages de la Cuvette.

ÉCOTOURISME ET TOURISME FLUVIAL

La nature a offert à la Cuvette un fantastique réseau de cours d’eau ainsi qu’une flore et une faune qui méritent le détour. Leur qualité et leur diversité ont incité les autorités du pays à créer un parc national (Ntokou-Pikounda) qui s’étend aussi sur le département de la Sangha.

Les plantations, les paysages dont la forêt, les cascades, les rivières et autres sites naturels sont autant d’atouts pour le tourisme vert, le tourisme fluvial et l’agro-tourisme.

Des visites de plantations de palmier à huile et de cacao, des croisières à bord de bateaux présentant toutes les garanties de sécurité, des parties de pêche et des courses de pirogues dans les rivières sont des produits que le département peut proposer. Un plan de développement du tourisme fluvial s’articulerait autour de l’Alima, navigable en toutes saisons. Les méandres que cet affluent du Congo décrit tout au long de son parcours en traversant la forêt, notamment entre Boundji, Oyo et Kounda, où il se jette dans le fleuve Congo, mériteraient d’être admirées. Pour autant, la plupart des sites touristiques existants et potentiels ne sont ni balisés ni aménagés.

LE PAYS DES KIÉBÉ-KIÉBÉ

La Cuvette est une terre de vieilles traditions artistiques et culturelles. S’y est développée une gamme variée de danses et de musiques traditionnelles comme l’Edenda, l’Odomba, l’Engonza (rite funéraire), l’Amè, le Lato, l’Ezito, l’Okwakassa, l’Epapanga oul’Ekongo, une danse kouyoue guerrière. La danse kiébé-kiébé, pour sa part, s’exécute lors de rites initiatiques.

La Cuvette est le département d’origine de peintres (Hilarion Ndinga, Émile Mokoko, Bernard Owassa, etc.), de romanciers et d’essayistes (Maurice Lheyet Gaboka, Hubert Gadoua, etc.) ainsi que d’historiens (Jérôme Ollandet, Théophile Obenga, Abraham Ndinga Mbo), renommés. Des musiciens connus y sont également nés : Marie Bella, Joséphine Bijou et Roga-Roga, de son vrai nom Rogatien Ibambi Okombi.

L’artisanat est riche : vanniers et potiers fabriquent des objets usuels et décoratifs, à partir des matériaux (lianes, bois et argile) disponibles dans leur environnement.

Ces richesses sont un atout pour le tourisme culturel, dont le développement peut s’appuyer sur le patrimoine historique. La Cuvette compte une variété de lieux de mémoires, témoins de son histoire et de sa culture : les forêts et sites sacrés, les ports et les anciennes factoreries (Boundji, Mossaka, Ntokou, Oyo, Owando), les églises et séminaires (Boundji, Makoua, Oyo), les écoles (Owando, Makoua, Oyo), etc. La rivière Alima a joué un grand rôle historiquement, pour avoir été la voie de pénétration coloniale sous Savorgnan de Brazza.

ACCÈS A OWANDO

À 513 km au nord de Brazzaville et 322 km au sud de Ouesso par la RN 2 bitumée.