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“Un peuple sans histoire, est un peuple sans avenir”. Un adage que comptent bien s’approprier les autorités congolaises qui espèrent mettre en lumière l’histoire du site de Loango, haut lieu de déportation de près de 8 millions d’esclaves durant la traite négrière. Un colloque de 3 jours organisé par l’Institut français du Congo et la chambre consulaire de Pointe-Noire en République du Congo, a permis d’agencer les idées.

Du 2 au 4 mai derniers, anthropologues, chercheurs, et historiens de différents horizons, se sont concertés afin d‘éclairer la lanterne du grand public sur l’histoire de Loango, site majeur de déportation des esclaves, situé à 20 km de Pointe-Noire, la capitale économique de la République du Congo.

Une histoire qui voit le jour à l’aube du commerce triangulaire. Sur 20 millions d’esclaves en provenance d’Afrique, 40 % seront déportés à partir de l’Afrique centrale dont une grande partie d’entre eux par la baie de Loango, en empruntant la route des caravanes ou route des esclaves.

“Il faudrait que déjà la conscience collective puisse faire l’effort de s’approprier cette dimension de la ville du royaume de Loango dans le contexte du projet route de l’esclave programmé par l’UNESCO, pour transmettre cela non seulement à nous-même, mais à toutes les générations”, a déclaré Frédéric Pambou, directeur du Centre d’études de civilisation Loango.

Une étude est menée depuis 2008, en vue d’inscrire le site dans la liste du patrimoine mondial de l’humanité, même si certains restent sceptiques. “Moi, je pense que c’est la volonté politique qui manque le plus”, a estimé Mambou Aimée Gnali, ancienne ministre de la Culture et du Tourisme.

Les autorités quant à elles restent formelles, elles disent vouloir mettre en valeur le tourisme de mémoire, afin de profiter de ce marché en plein essor.
“Le président de la République Denis Sassou Nguesso a élaboré le projet ambitieux d’une cité africaine des arts, entouré de musée en plein air”, a affirmé Arlette Soudan Nonault, ministre du Tourisme et de l’Environnement, avant d’ajouter : “En attendant sa réalisation, il est plus que temps d’impulser au Congo et à Loango, en particulier, ce qu’on appelle le tourisme de mémoire”, a-t-elle martelé.

Une mémoire qui scintille déjà de l’autre côté de l’atlantique où la diaspora, des descendants d’esclaves se sont lancés dans le projet de la reconnaissance ancestrale par le biais de test ADN. La Ministre Nonault a dans la même veine annoncé durant le colloque l‘élaboration d’un projet de loi sur le tourisme au Congo.

La valorisation du site de Loango, l’un de leur port d’embarquement, reste un défi majeur à relever, pour que “la route de non-retour” donne plutôt accès à un retour aux sources.

Source : AfricaNews.com